Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Dixit le renard dans le "Petit Prince" de Saint-Exupéry.

Avoir un animal, c'est un engagement pour la vie. Etes-vous prêt à l'accompagner jusqu'à sa mort et ce même si il vous pose des difficultés ? Eux, c'est ainsi qu'ils s'engagent à notre égard.

De nombreux animaux sont déposés en SPA parce qu'ils ont des problèmes de comportement (parfois résolus par un simple changement de foyer !) ou parce qu'ils sont vieux.

La maltraitance

Quelle que soit notre amour pour nos animaux, nous pouvons tous être maltraitants de manière passive.

Des exemples de négligence incluent la faim, la déshydratation, des infections parasitaires, un collier trop serré, un abri inadéquat dans des mauvaises conditions de météo, et des manques de soins vétérinaires lorsqu’ils sont nécessaires.

La maltraitance passive est beaucoup plus insidieuse car elle peut n’être due qu’à l’ignorance et la méconnaissance des besoins de l’animal.

C'est le cas, lorsque vous ne lui apportez pas les éléments nécessaires à son bien-être.

Je cite ci-après une partie d’un article de Florence Cailliot d’Ivernois, éthologue et comportementaliste : "La plupart du temps, les violences faites aux chats sont invisibles ou discrètes, sont le fruit de l’ignorance, de l’épuisement, de la crédulité aussi... Comment réagir, à bout de nerfs et d’idées, en face d’un chat qui souille tous les jours votre couette et votre canapé, sans avoir de solutions qui fonctionnent ? Nous sommes tous potentiellement maltraitant dès lors que nous sommes sous le coup de l’émotion, de l’énervement, de l’épuisement et tout simplement dans l’incompréhension totale des comportements de notre chat. Mais il y a plus basique encore :

  • enfermer un chat dans un contexte de vie inadapté à ses besoins est en soi une violence
  • imposer au chat de se retrouver seul dans un appartement pendant plus de 9 heures par jour, sans sources de stimulation
  • le prendre sans cesse dans les bras ou lui imposer des caresses lui imposer de vivre en surpopulation avec de multiples autres chats."

Nous croyons aimer nos animaux, leur donner le meilleur mais si nous ne connaissons pas leur nature, il y a de forte chance que nous soyons maltraitants. N’hésitez pas à vous faire aider par des spécialistes mais choisissez bien. Les animaux comprennent, ils n’ont pas besoin qu’on leur aboie dessus, qu’on les traite de tous les noms ou qu’on les tape. C’est de la maltraitance. La douceur fonctionne et généralement ils sont également prêts à changer de comportement si on leur explique que ce qu’ils font n’est pas adéquat.

L'animal séparé de son gardien

Un animal peut souffrir et tomber en dépression lorsque son gardien décède si le lien qui les unit est fort.

Il est triste de constater que peu de personnes prennent des dispositions pour leur compagnon en cas de départ en maison de retraite ou de décès. La famille a rarement des égards pour les animaux vieillissants de leurs parents et il est fréquent qu'ils soient abandonnés à la fourrière (euthanasie au bout de 10 jours), dans des SPA ou livrés à leur sort à l'extérieur de la maison.

Le désespoir de l'animal est immense. Il n'a plus de repères, se retrouve en milieu inconnu sans aucune compréhension de ce qui lui arrive. « Pourquoi suis-je là ? Ai-je mal agi ? J'ai peur, j'ai faim, il fait froid, il y a des cris tout autour. Que va t'il se passer? Pourquoi celui que j'aimais ne m'aide pas ? ». Il vit cet abandon comme une trahison. Si il est à la rue, il cherche désespérément à manger ou une personne qui lui tende une main secourable.

A la fourrière, il est dans une cage et ressent la détresse de ses compagnons d'infortune et la mort environnante car les euthanasies font partie du quotidien. Si les humains assumaient leurs responsabilités et leur engagement envers les animaux, ces lieux de réclusion et de souffrance auraient moins de raison d'être.

Les animaux partagent avec nous le même genre d'émotions. Nous sommes responsables d'eux et nous devons leur préparer un avenir si nous avons des soucis de santé ou si nous sommes âgés.

Si nous décidons de nous séparer d'un animal, notre responsabilité est de lui trouver une famille qui soit en adéquation avec son caractère et ses besoins.

Le statut juridique de l'animal

Le 28 janvier 2015, le Parlement français a adopté définitivement le projet de loi modernisant enfin le statut juridique de l’animal. Ce dernier est désormais reconnu comme un « être vivant doué de sensibilité » dans le Code civil (nouvel article 515-14) et n’est plus considéré comme un bien meuble (article 528). Ce tournant historique met fin à plus de 200 ans d’une vision archaïque de l’animal dans le Code civil et prend enfin en compte l’état des connaissances scientifiques et l’éthique de notre société du 21ème siècle.

Cependant, si leur statut d'êtres vivants est reconnu, les animaux continuent à être les souffre-douleurs de certaines personnes de notre société et les batailles juridiques sont rarement gagnées.

Le Syndrome de Noé

Ce n'est pas aimer que de collectionner les animaux, simplement parce qu'on pense qu'on est les seuls à pouvoir en prendre soin et qu'ils sont malheureux. Cela correspond à une pathologie qui s'appelle le Syndrome de Noé.

Si nous les aimons, faisons l'effort de les connaître en nous renseignant sur leur mode de vie et faisons en sorte de satisfaire leurs besoins primordiaux. Par exemple, les chats sont solitaires et n'apprécient pas d'être entassés les uns sur les autres.