« L'œil du cœur ne connaît que ce qui est juste pour vous à un moment donné et spécifique. Il vous offre un point de référence lorsque nous n'avez personne à qui demander conseil ou vers qui vous tourner quand vous êtes confronté à un choix difficile. Ainsi, la sagesse de votre cœur vous offre un retour sur votre situation immédiate qui est non filtré, non censuré et impartial. Cela étant dit, tout pouvoir implique une responsabilité, et s'agissant du pouvoir de la sagesse du cœur, notre responsabilité est d'utiliser celui-ci à bon escient, en usant de bon sens, et d'une manière qui nous honore et qui soit bienveillante envers les autres. Ce que je veux dire ici, c'est que l'intuition du cœur est un véritable guide dans notre vie et qu'elle ne doit pas devenir le support de règles rigides auxquelles nous devenions asservis. C'est donc à chacun de nous qu'il revient d'appliquer avec sagesse ce que nous dicte notre cœur, en équilibrant notre intuition d'une façon saine et responsable, qui soit cohérente avec les circonstances du moment. » Gregg Bradden, « Nous ne sommes pas ce que la science a dit de nous »

Accompagner son animal, c'est accepter qu'il soit diminué physiquement, qu'il n'ait parfois plus toute sa tête, qu'il soit incontinent. Tout cela fait parfois partie de la fin de vie et du chemin ultime vers la mort. C'est notre devoir de nous adapter à son état et de l'aider avec des médicaments de confort ou bien tout autre pratique spirituelle (méditation, reiki animalier, travail vibratoire). Toutefois, et en dernière extrémité, et en cas de souffrance extrême, je n'hésiterai pas à recourir à l'euthanasie, à la condition que l'animal l'accepte et après lui avoir expliqué les tenants et aboutissants de cet acte.

Bien souvent, on a la réponse instinctive de ce qu'il convient de faire pour son compagnon et uniquement pour lui. Il a son libre arbitre et il peut nous faire ressentir ce qu’il veut lorsque nous dépassons notre peur de la mort pour découvrir la sagesse de notrecœur.

La mort naturelle

La mort naturelle n’est pas facile à vivre, ni pour l'animal, ni pour la personne. Et si nous faisons le choix d'une mort naturelle pour notre compagnon, il est utile de s'y préparer. 

Je profite de chaque petits moments de tendresse qu'ils peuvent encore m'offrir. Je me remémore avec eux les bons souvenirs et je leur explique qu'ils retrouveront là-haut toutes leurs facultés physiques alors qu'ils les ont perdues. J'anticipe les décisions à venir (évolution de la maladie, médicaments de confort, que faire de son corps ?) afin de libérer mon mental de ses peurs. Cela permet un départ serein pour chacun d'entre nous. Même si l'agonie du dernier jour peut parfois nous paraître interminable, son dernier souffle doit lui appartenir. Cela peut se produire en votre présence ou lorsque vous êtes absent.

L'euthanasie

Cette pratique est entrée dans nos habitudes et nous pensons, souvent à tort, qu'il s'agit d'un acte anodin, voire d'amour. Je partage la vision de Carol Bouteraon, communicatrice en Belgique. Voici ce qu'elle m’a écrit lors de l’un de nos échanges : «Les animaux disent souvent qu’ils ne veulent pas être euthanasiés. C'est une réalité. Cependant, à la faveur des nombreuses expériences que j'ai vécues, je constate que différents aspects apparaissent. L'animal accepte d'être euthanasié parce que son humain ne supporte pas de le voir souffrir. Dès lors, son angoisse sera épongée par l'animal qui est déjà en souffrance. C'est extrêmement pénible à vivre pour chacun... Et on peut comprendre que le choix de l’animal se porte sur l'euthanasie.

Mais on peut aussi se trouver dans la situation où l'animal n'accepte pas d'être euthanasié parce qu'il estime que son humain n'est pas prêt à le voir partir. Et, par amour, il choisira parfois d'aller jusqu'à la limite extrême de son parcours terrestre, même si c'est en souffrance.

Le problème se pose quand on agit arbitrairement, sans leur demander ce qu'ils souhaitent. Cela peut perturber leur chemin vers l’au-delà. Le passage des animaux de notre dimension à l’autre, se fait à un moment qu’il ne nous appartient pas de décider, qui résulte d’un parcours, d’une évolution et dont ils ont conscience. Mettre un terme à leur vie terrestre de manière arbitraire, sans les consulter, équivaut à les détourner de leur route et à les empêcher d’atteindre leurs objectifs. De là, les perturbations, souvent très profondes, qui peuvent s’ensuivre lorsqu’ils arrivent de l’autre côté et que ce n’est pas du tout le moment. En conséquence, il est impératif de respecter au mieux l'ordre naturel des choses, et la volonté de l'intéressé, quelle qu'elle soit. »

En ce qui me concerne, je ressens cet acte comme un arrachement, une rupture extrêmement violente et inappropriée du plan terrestre. Lorsque j'entre en contact avec eux, j'ai les images suivantes qui me viennent à l'esprit : c'est comme si votre compagnon était catapulté sur une planète inconnue. Il arrive là-bas complètement déboussolé, sans comprendre ce qui s'est passé et sans savoir où il se trouve. Si il n'est pas préparé, c'est un état de détresse qui est, et ce même si un produit apaisant à été administré avant l'injection finale. Pour certains, si ils ne sont pas prêts, il peut en résulter une transition perturbée et une difficulté à s'élever dans la lumière.

L'euthanasie sur le vif, décidée lors d'une consultation ou au cours d'une intervention devrait être évitée. Il en résulte la plupart du temps de la culpabilité et le processus de deuil est d'autant plus difficile car aucun « adieu » n'a été fait. De nombreux gardiens déclarent ressentir de l'angoisse et de la culpabilité par rapport à leur choix, et ce parfois de nombreuses années plus tard. Souvent, ils estiment qu'ils ont précipité leur décision d'euthanasier ou qu’ils ont été poussés par le vétérinaire; et ils ont l’impression d’avoir trahi leur bien-aimé compagnon. Les recherches révèlent que les gens ont tendance à ressentir plus de regret s'ils ont été pressés de prendre une décision. Les vétérinaires devraient encourager leurs clients à prendre le temps de la réflexion.

Parfois il ne s'agit que d'une question d'heures ou de jours mais ce laps de temps est indispensable pour une transition paisible. Notre rôle est d'accompagner, avec patience et douceur, bienveillance et protection.

Si vous optez pour cet acte, il est indispensable de préparer votre compagnon et de lui donner du temps pour qu'il accepte cette issue.

Cependant, ne faisons pas des généralités, l'euthanasie n'est pas à bannir si votre compagnon est en train de perdre sa dignité. Il est important que votre acte soit posé et réfléchi et que votre compagnon accepte votre décision.

Si à la lecture de cet article, vous doutez de vous, sachez que le regret n'est pas négatif car il peut nous permettre d'évoluer. Nous pouvons prendre en compte cette expérience pour orienter nos décisions futures et gagner en sagesse.

De plus nos animaux de compagnie nous aiment de manière inconditionnelle et ils semblent nous pardonner nos erreurs. Apprenons à nous pardonner et à faire mieux la fois suivante.