Faire son deuil

"Ne mettez pas d’obstacle au mouvement de la douleur. Laissez-le mûrir."Krishnamurti

Notre société peine à concevoir que le décès d'un animal puisse avoir des répercussions pouvant conduire certaines personnes à la dépression, voire au suicide. Les conventions nous interdisent d'exprimer librement notre chagrin, alors que certains d'entre nous font l'expérience d'un attachement affectif plus intense à leur compagnon-animal qu'à un être humain. Qui n'a pas entendu : « Pourquoi tu te mets dans un état pareil ? Ce n'était « qu'un chat, qu'un chien, qu'un animal ! ». Les commentaires de ce type sont susceptibles de troubler le processus de deuil, en nous amenant à occulter ou à nier notre détresse. Il peut s'ensuivre un isolement, parfois déclencheur d'un deuil pathologique.

La durée du deuil est variable en fonction du lien établi avec l'animal et les circonstances de son départ. Les étapes sont identiques à celles de la perte d'un être humain. Avant d'arriver à la phase d'acceptation, nous pouvons éprouver de l'anxiété, du déni, de la colère, de la culpabilité, de la dépression.

 

Faire le deuil

 

Les animaux sont sensibles aux marques d'affection que nous leur témoignons, même après leur mort. Voici quelques suggestions qui peuvent nous aider à surmonter la douleur de sa perte tout en honorant leur mémoire :

  • Organiser un enterrement : si nous avons un jardin, nous pouvons enterrer son corps ou ses cendres dans son endroit préféré. Si la dépouille est absente (en cas d'accident), nous pouvons utiliser un objet (jouet, vêtement) qu'il affectionnait.

  • Exprimer ses émotions : accordons-nous du temps pour faire place à vos sentiments quels qu'ils soient. Confions-nous aux personnes en mesure d’accueillir notre peine. Nous pouvons écrire un poème ou un texte en sa mémoire, ou encore dessiner une peinture ou réaliser un montage photos.

  • Cherchons le positif même dans les pleurs, par exemple, en se concentrant sur nos souvenirs heureux.

  • Lorsque nous serons prêts, offrons les objets, les médicaments ou la nourriture de notre animal à des associations. C'est un acte concret qui inscrit la séparation dans le présent.

  • Soyons patients avec nous-même et ne cherchons pas à retrouver notre animal dans un autre, au risque que la quête devienne obsessionnelle. Qui sait ? En ouvrant notre cœur et en faisant confiance à la vie, une magnifique rencontre peut survenir au détour du chemin.

  • Les enfants sont particulièrement sensibles à la mort d'un animal. Ne leur cachez pas la vérité et expliquez-leur le départ de leur compagnon en vous adaptant à leur capacité de compréhension. Encouragez-les à extérioriser librement leurs émotions. De nombreux ouvrages ou articles traitent ce sujet.

  • Ne minimisez pas le chagrin d'une personne âgée. L'animal était souvent le confident à qui elle pouvait parler en toute quiétude et qui l'écoutait sans la juger, la seule "oreille" bienveillante.

Laissons le temps au temps, car il n'existe pas de recette miracle pour se soustraire à la peine. Afin de franchir ce cap, le mieux est d'exprimer son chagrin, sans omettre de reconnaître la joie et le bonheur partagés avec celui qui nous a quittés. Cette démarche bénéfique permet d'acquérir peu à peu la paix.